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Voilà bien une trentaine d’année, qu’une partie de la population Chaponoise trouve insupportable le trafic routier dans la commune.

Les Maires se sont succédés et ont tous plus ou moins inscrit dans leur programme électoral ce projet de contournement élaboré sur la base d’un raisonnement, prenant en compte des critères de l’époque.

Depuis, aucun débat, aucune discussion sur le bien-fondé de ce projet n’ont eu lieu, il est présenté comme quelque chose d’acquis et approuvé par la totalité de la population.

A chaque élection municipale ce projet figurait sur tous les programmes des différents candidats et n’a probablement pas été déterminant pour le choix des électeurs.

 Il apparait donc comme un projet politique, qui proposerait des solutions  pour soustraire les nuisances  sur une certaine partie de la commune en les  reportant ailleurs sur la commune.

Loin d’être consensuel, ce projet risque de devenir diviseur.

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Il est donc urgent, avant d’aller trop loin, de ramener le débat sur le plan technique, environnemental et surtout économique.

Il faut l’aborder avec objectivité, sérénité et responsabilité et surtout ne pas tomber dans le syndrome NIMBY.

Tout d’abord les chiffres. Et quel est le niveau  de tolérance ?

Le  nombre de véhicules, environ 11000, qui entrent et sortent de CHAPONOST se reparti sur  trois axes. Ce flux non continu est à peu près celui du centre de BRIGNAIS qui est pourtant contourné par l’A 450.

On constate que :

- la circulation s’intensifie  le matin entre 7h30 et 9h30 et le soir entre 16h30 et 19h.

- un bouchon se forme régulièrement le matin route de la gare,

- des difficultés sur des voies trop étroites (avenue A.DEVIENNE par exemple).

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Ces difficultés sont engendrées par le transit, les déplacements intra- muros, les poids lourds et pour une certaine part, les transports en commun.

Par ailleurs l’OBSERVATOIRE d’HARMONISATION RHONE ALPIN DES NUISANCES ENVIRONNEMENTALES qui est une émanation de la région Auvergne Rhône Alpes dont le site ORHANE est consultable par tous, fait des mesures de pollution sonore et atmosphérique provenant du trafic routier. Il donne un classement allant de "Très peu altéré" à "Hautement dégradé".

Pour CHAPONOST, voilà ce que donnent les dernières mesures de 2016 : 1 % de la population, soit 72 personnes se trouvent en zone très dégradée, 8 % en zone altérée, et 91 % en zone peu altérée.

Les valeurs sont plutôt stables et pourraient diminuer car Boiron a tendance à se rapprocher de l’A 89 sur TARARE.

Ensuite, le tracé  est compris entre un espace naturel sensible, richesse pour Chaponost et dont il faut poursuivre la valorisation, et des zones d’habitation.

Comment protéger l’environnement et l’agriculture tout en consommant des terrains pour le développement de la voiture, il semble qu’il y ait un paradoxe.

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Un contournement peut avoir deux effets, le premier, désertifier son centre-ville ou alors générer un phénomène d’aspiration, il y aura toujours entre 5 et 8000 véhicules qui iront sur le nord de la commune et 10000 à 11000 sur la déviation (risque de fausse solution).

L’effet constaté serait alors opposé à l’effet attendu, car les infrastructures existantes ne sont pas dimensionnées pour accueillir cette circulation déjà difficile.

De nouveaux projets structurants sont apparus depuis ces dernières décennies.

L’anneau des sciences et l’A 45 doivent obligatoirement entrer dans la réflexion. Les flux venant du piémont et des Monts du Lyonnais doivent être captés très en amont de CHAPONOST (Messimy, Brindas, Thurins) pour être amenés, soit directement sur l’anneau des sciences, soit sur l’A 45.

Sur le plan financier, Chaponost, dans une période de restrictions budgétaire a-t-elle les moyens de financer un projet dont la nécessité et l’efficacité ne sont pas prouvées. Quelle performance et quelle rentabilité ?

Il y a encore tant à faire sur la voirie de Chaponost, sécurisation et accessibilité des trottoirs, enfouissement des réseaux, amélioration des revêtements routiers, diminution des nuisances sonores.

Il y a aussi les risque liés à l’évolution de cette voirie, qui après quelques années pourrait devenir un parcours idéal pour un grand contournement de la Métropole.

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La liaison entre La Tour de Salvagny et la N6 qui était une voie 2x1 et dont on disait qu’elle ne pourrait pas évoluer est en train de devenir un raccordement autoroutier entre l’A6 et l’A 89.

Enfin, en conclusion et pour compléter l’information, le coût minimum de ce projet est estimé à ce jour à 18 M€, soit 6 M€ pour le département, 6 M€ pour la CCVG (indirectement la commune), et  6 M€ plus les acquisitions foncières  pour le budget communal.

Michel NAVISÉ.